03/03/2025
Les personnes âgées, notamment celles en perte d’autonomie ou atteintes de troubles cognitifs tels que la maladie d'Alzheimer, rencontrent des obstacles qui leur sont propres dans l’utilisation des outils numériques. Voici les principaux obstacles identifiés :
Connaître ces défis est une première étape essentielle pour concevoir des solutions adaptées. Mais quelles sont concrètement les modifications à apporter ?
Proposer du matériel adapté est une des bases pour réduire les freins à l’utilisation de la téléconsultation. Voici quelques pistes pour choisir ou aménager les dispositifs technologiques :
Les interfaces numériques destinées aux seniors doivent être intuitives, avec de grandes icônes et des consignes claires. Les tablettes adaptées aux seniors, comme celles proposées par certaines entreprises innovantes (par exemple, Ardoiz ou Facilotab), incluent un design pensé pour des utilisateurs peu à l’aise avec la technologie.
Un constat fréquent est celui de la fracture numérique dans les zones rurales ou chez les populations âgées. Fournir un accès à internet (ou l’intégrer dans des solutions complètes incluant Wi-Fi 4G intégré à des tablettes, par exemple) est crucial.
Pour que la téléconsultation devienne un réel outil au service des seniors en perte d’autonomie ou souffrant de troubles cognitifs, l’accompagnement humain est indispensable. Cela concerne à la fois les seniors eux-mêmes, mais aussi les aidants familiaux ou professionnels.
Des ateliers spécifiques pour apprendre à utiliser les outils de téléconsultation peuvent être mis en place dans les centres sociaux, EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou autres lieux communautaires. Ces sessions doivent inclure :
Dans de nombreux cas, les seniors auront besoin d’une assistance pour organiser la téléconsultation. Cela peut être un proche aidant, un infirmier ou un assistant social. Un partenariat renforcé entre ces parties prenantes est nécessaire. Former ces intermédiaires à utiliser l’outil numérique est tout aussi important que d’éduquer les seniors eux-mêmes.
Mettre en place une hotline dédiée ou un service de support technique accessible avant ou pendant la consultation peut fortement réduire les risques de stress pour les utilisateurs.
Le succès de la téléconsultation pour les seniors dépend également de la manière dont les praticiens organisent la séance. Voici quelques recommandations :
Les seniors ayant des troubles cognitifs ou en perte d’autonomie peuvent avoir besoin de plus de temps pour répondre aux questions ou exprimer leurs symptômes. Allouer un créneau légèrement plus long permet de limiter la pression liée au temps et de favoriser un climat rassurant.
Si le senior n’est pas capable d’utiliser seul la plateforme de téléconsultation ou d’expliquer ses symptômes, un aidant peut jouer le rôle de médiateur. Cette personne peut également s’assurer que les recommandations médicales sont comprises et appliquées après l’appel.
La téléconsultation ne doit pas être un acte isolé. Proposer des solutions de suivi pour conserver les dossiers médicaux, enregistrer les échanges ou envoyer des rappels par SMS automatisés permet d'entretenir le contact avec la personne âgée entre deux consultations.
Enfin, il est indispensable d’adopter une démarche inclusive dans le déploiement des solutions de téléconsultation pour les seniors. Cela inclut :
Avec les avancées technologiques et la démographie vieillissante, la téléconsultation représente une opportunité inestimable pour améliorer l’accès aux soins des seniors, quel que soit leur état de santé. Mais son succès ne se mesure pas uniquement en termes de déploiement technologique : il repose sur des outils adaptés, une formation proactive et une approche profondément humaine.
En surmontant les obstacles identifiés et en associant étroitement tous les acteurs – seniors, aidants, professionnels de santé – à cette transformation digitale, nous pouvons véritablement faire de la télémédecine un outil inclusif, au service de tous.