30/03/2025
Avant d’aborder les aides disponibles, rappelons l’importance de la télémédecine pour les établissements de santé et les EHPAD. Selon une étude de la DREES publiée en 2022, près d’un Français sur quatre a déjà eu recours à une téléconsultation depuis la pandémie de COVID-19. Ce chiffre reflète une transformation durable des pratiques médicales. En établissement de santé, la télémédecine aide à répondre aux déserts médicaux, optimise la gestion des soins et renforce l’autonomie des patients, notamment les seniors. Cependant, cela passe par un investissement initial qui peut être dissuasif sans soutien financier externe.
Le Fonds d’Intervention Régional, géré par les Agences Régionales de Santé (ARS), est une des principales sources de financement pour les projets de télémédecine. Ce dispositif vise à soutenir les initiatives innovantes en santé, y compris les projets numériques. Les établissements de santé peuvent présenter un dossier auprès de leur ARS pour demander des financements spécifiques liés à l'intégration de solutions de télémédecine.
Depuis 2018, le remboursement des actes de télémédecine est inscrit dans le cadre des accords conventionnels de l'Assurance Maladie. Pour les établissements de santé, cela peut impliquer une prise en charge financière partielle pour le déploiement de plateformes médicales et pour la rémunération des praticiens impliqués. Ces aides ne couvrent pas directement les équipements techniques, mais elles encouragent les structures à adopter ce type de service en minimisant les coûts d’usage.
Dans le cadre du Ségur de la Santé, un plan de 2 milliards d’euros a été mis en place pour moderniser les systèmes de santé en France. Une partie de ces fonds est dédiée aux outils numériques, y compris la télémédecine. À cela s’ajoute le programme « Hôpital Numérique », qui encourage les établissements publics à atteindre des niveaux de maturité numérique compatibles avec l’utilisation durable de la télémédecine.
Les subventions accordées dans ce cadre permettent notamment d’acheter le matériel nécessaire, de sécuriser les données médicales (conformes au RGPD) et de former les équipes soignantes.
En fonction de votre région ou département, des solutions de financement locale peuvent être mobilisées. Certaines collectivités participent activement au développement de la télémédecine dans les établissements de leur territoire, notamment en finançant des pilotes ou en subventionnant l’achat d’équipements spécifiques.
Les GHT favorisent la mutualisation des ressources entre différents établissements de santé au sein d’un même bassin géographique. Dans le cadre des projets de télémédecine, les aires d’action des GHT permettent souvent de partager les coûts et d’obtenir des financements additionnels en groupe.
En complément des aides publiques, il peut être stratégique de solliciter des financements privés ou des partenariats avec des entreprises spécialisées dans la santé numérique.
Plusieurs grandes entreprises, particulièrement dans les secteurs technologiques et pharmaceutiques, proposent des subventions ou dotations pour soutenir l’innovation en santé. Les fondations comme la Fondation Orange ou la Fondation Pfizer soutiennent régulièrement des projets autour du numérique et de la télémédecine.
Certaines entreprises proposent des offres de mécénat ou développent des partenariats avec les établissements de santé. En échange d’un soutien financier ou matériel, elles peuvent utiliser ces expériences pour enrichir leurs solutions ou développer des études de cas marketing.
L’intégration de la télémédecine devient incontournable pour répondre aux défis actuels du secteur de la santé : vieillissement de la population, difficultés d’accès aux soins, ou encore amélioration de la qualité de vie des résidents en EHPAD. Grâce aux nombreuses aides et financements disponibles, ces innovations ne doivent pas être perçues comme hors de portée. Avec une stratégie claire et un accompagnement adapté, chaque établissement peut amorcer cette transition numérique et tirer parti des opportunités offertes par la télémédecine.